10/01/2006

10/01/06 - 12:55

Exégèse - Pyramisme n°57

On ne se rend jamais autant compte de l'amour que l'on nous porte que lorsqu'on se rend compte de tous les sacrifices que l'on a pu faire pour nous.

Suite aux retours que j'ai pu avoir concernant cette sentence, je me suis rendu compte qu'en fait, elle était très mal écrite.
Mea culpa.
Et tout ça à cause de l'imprécision du 'on' français, bien évidemment.
Je reformule donc :

Je ne me rend jamais autant compte de l'amour que l'on me porte que lorsque je prends conscience de tous les sacrifices que l'on a pu faire pour moi.

Quand j'étais petit, ma famille et moi n'étions guère riches, bien au contraire.
C'était la galère, pour les frais immigrés que nous étions, mais il fallait bien vivre.
Mes parents étaient jeunes, avec moi sur les bras, alors on se débrouillait comme on pouvait. Ma mère faisait des ménages chez des dames riches, et mon père trimait comme il pouvait dans un garage.

Un matin, avant d'aller à l'école, je vis mon père accoudé à l'évier de la salle de bain. Il toussait. Il était très malade, et ma mère avait insisté pour qu'il reste à la maison. Je le regardais s'habiller malgré tout, pour aller travailler, histoire de ramener de quoi faire vivre sa famille. La maladie lui passa, finalement.
Et moi je me souviens.

Un soir, alors que nous dînions de riz et de quelques mets frugals, je m'aperçus que ma mère ne mangeait pas.
"Maman, pourquoi tu manges pas ?
- Je n'ai pas faim. Mange."
Ce soir là, il n'y avait pas de bol devant sa chaise, elle ne prit même pas la peine de s'asseoir avec nous.
Il m'a fallu du temps pour comprendre ce qu'elle faisait.
Elle se privait pour nous. Pour mon père et moi.

Un jour, mon petit frère et moi nous disputions la dernière part d'un gâteau. Ma mère me prit à part et me dit de la laisser à mon petit frère. Je ne comprenais pas pourquoi, je protestai. Moi aussi j'avais droit à du gâteau.
"Un grand frère doit savoir se sacrifier pour ses petits frères. En retour, il t'aimera. Tu verras, tu comprendras"
Je dus laisser la part de gâteau.

Des années plus tard, je me souviens de tout ça, encore aujourd'hui.
Je me souviens des sacrifices que mes parents ont faits pour moi.
Et de ceux que j'ai été amené à faire pour ceux que j'aimais.

L'amour est fait de sacrifices.

commentaires

13/01/06 - 11:01

L'amour n'est jamais fait de sacrifices sinon ce n'est pas de l'amour mais du masochisme...

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Une histoire de GA Consultez mes archives à partir d'août 2004 pour suivre une petite histoire des membres du site en photos !