02/07/2004

02/07/04 - 15:40

Roman-feuilleton (31) - "à ravir"

Gabrielle sirotait silencieusement un Manhattan, adossée au mur marbrée du bar-lounge. Elle avait pris sur elle de sortir ce soir, seule.
Son agoraphobie ne pouvait pas durer, et elle avait décidé de prendre le taureau par les cornes en s’immergeant brutalement dans l’élément redouté.
Elle avait demandé à son frère l’adresse d’un bar où elle pourrait boire un verre relativement tranquillement, et ce dernier lui avait débité toute une liste d’enseignes diverses dont elle choisit un nom au hasard.
Et la voilà, engoncée dans une robe de soirée noire qu’elle s’était achetée spécialement pour l’occasion. Elle avait eu du mal à se maquiller (elle n’avait jamais eu grand talent en la matière de toute façon) et décida alors de se limiter à un minimum d’apprêt.
Elle regardait les gens aller et venir, passer devant elle et s’en aller, discutant, riant, buvant dans une atmosphère un peu lourde.
Elle se sentait de plus en plus mal à l’aise dans cet environnement, et se laissa encore dix minutes avant de s’en aller.
C’était un bel exploit dont elle allait devoir se suffire pour l’instant.
Elle sourit en repensant à Samuel.

« Tu es sûre que tu ne veux pas que je t’accompagne ?
- Non, ça ira, je suis une grande fille, je saurai me débrouiller.
- Tu es bien certaine ? Ce n’est pas très sûre pour une fille seule !
- Sam, ça suffit, tout ira très bien. Je n’ai pas besoin que mon grand frère me refasse le coup du chaperon.
- Bon, comme tu veux. Mais tu as mon numéro, appelle au moindre besoin.
- Ok, j’en abuserai volontiers, allez, à demain.
- A demain ! »

Elle posa la coupe de Manhattan à moitié vide et s’apprêta à s’en aller quand elle le vit s'asseoir tranquillement en face d’elle.

« Bonsoir.
- Bonsoir. »

Il était grand, plus grand que Samuel d’une dizaine de centimètres. Les cheveux blonds coupés courts, presque gris clair sous cet éclairage tamisé, et une paire d’yeux d’une couleur sombre qu’elle eut du mal à identifier. Bleu ou vert, peut-être. Des épaules carrées, et une musculature sèche et bien apparente sous une fine chemise de soie blanche.
Elle le trouva beau, mais…

« Vous vous en alliez ?
- Hum… oui.
- Quelle chance alors. J’ai hésité un long moment avant de vous accoster. »

Et il rit timidement.

Soudain, son regard avait changé. D’une froideur sans sentiment, ils s’étaient soudain animés d’une vitalité joyeuse. Un peu comme ceux de Samuel.

« Je suis flattée…
- Je m’appelle Alex. Alex Kieslewski. »

Il lui tendit une main grande mais étrangement douce au toucher, qu’elle frôla à peine.

« Je.. je m’appelle Gabrielle.
- Vous êtes nouvelle ici ? C’est la première fois que je vous vois.
- On pourrait dire ça.
- Vous avez des yeux superbes. »

Elle rougit.
Elle se dit intérieurement que ce type ne cherchait en réalité qu’à la séduire pour mieux l’attirer dans son lit, mais elle se dit qu’après tout, pourquoi ne pas jouer le jeu ?

« Ce sont les yeux de mon père. Mon frère a les mêmes.
- Ils sont à ravir. »

Ils parlèrent un long moment, et elle ne sentit plus le temps passer.

commentaires

29/08/04 - 13:21

Noooooooooooooooooooooooooooooon Pyram !
Fais pas çaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!!!!!!!!!!!
Pas la p'tite soeur !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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