Roman-feuilleton (26) - "d'un mouvement de rasoir"
Elle pleurait, tremblant de peur, étouffant légèrement derrière sa bouche bâillonnée.
Il n’avait fait aucun bruit.
Elle ne savait même pas comment il était entré.
Mais il était là.
Il l’avait frappée, puis ligotée.
Elle avait essayé de hurler, mais il la fit taire aisément.
Soudain, il la souleva et la jeta sur la table du salon, sur le ventre.
Elle gémissait, parcourue de hoquets d’épouvante.
Alors elle vit la lame.
Un long couteau qu’il avait récupéré dans la cuisine.
Premier coup, planté d’un geste sec dans son dos, au niveau gauche de la poitrine.
Elle hurla, son cri étouffé dans le tissu. Elle se cabra comme pour fuir l’indicible douleur du métal, en vain.
Il retira la lame froide et suintante, et la replanta aussitôt.
Second coup, troisième coup.
Elle hurlait et hurlait, mais rien, personne ne venait.
Elle priait dans sa souffrance, priait pour que quelqu’un arrive, ses parents, la police, le gardien – mais rien, personne ne venait.
Son sang coulait hors de la table, sur la moquette, en ondes de plus en plus fortes.
Quatrième coup, cinquième coup.
Elle ne bougea plus, ses yeux se firent vagues.
Sixième coup, septième coup.
De sa poche, il sortit un étrange instrument de métal, ressemblant vaguement à une pince, et l’enfonça dans l’orbite gauche du corps encore chaud. L’extraction du globe oculaire ne fit qu’un bref bruit de succion, et il trancha le nerf optique d’un mouvement de rasoir. Il déposa son trophée dans un petit bocal.
Il recommença avec l’autre œil, et partit.
Le sang continuait de goutter de la table quand la porte claqua.
29/08/04 - 13:11
Beurk !
Tu vas où là ?
:-((((
cyberangelus