26/06/2004

26/06/04 - 17:38

Roman-feuilleton (13) - "Inqualifiable"

« Votre comportement fut absolument inqualifiable, inspecteur Belaïd, absolument inqualifiable. »
Elle resta muette, n’ayant aucune excuse à sa conduite.
« Je suis vraiment déçu, Sarah, vraiment déçu. Vous êtes pourtant l’un de mes meilleurs éléments, et voilà que vous provoquez une bavure policière grossière ? Bon sang, qu’est-ce qui vous a pris ? Ce type gît à l’hôpital avec un genou en miettes et six cottes cassées !
- …
- Vous avez bien raison de rester muette. Nous avons de la chance que la presse ne se soit pas encore emparée du sujet, comme si la Police Nationale avait besoin de ça ! Mais qu’est-ce qui vous est donc passé par la tête ?
- …
- Vous auriez dû l’arraisonner, l’arrêter, et non le massacrer, comme vous l’avez fait !
- …
- Considérez-vous comme relevée de vos fonctions pour quelques temps. Un peu de recul ne vous fera pas de mal, et surtout, priez pour qu’aucune poursuite ne soit engagée contre vous. »
La discussion cessa, et Sarah finit par sortir, le visage fermé. Valentine, assise sur un banc en face du bureau du commissaire, se releva prestement pour aller à sa rencontre.
« Mon Dieu, Sarah, tout va bien ? Je n’ai pas pu te parler après que tu as repris connaissance tout à l’heure…
- Tout va bien, Val. Rentrons, il est tard, et je suis fatiguée.
- D’accord, mais le type qui t’a assommée est encore là. Il m’a dit vouloir s’excuser… »
Sarah aperçut alors l’inconnu, adossé à un mur non loin de là. Il lui fit un geste de la main en la voyant. Elle soupira, prête à s’en aller, mais Valentine insista. Elle céda et se présenta devant le type qui l’avait empêchée de commettre le pire.
« Bonsoir, je suis vraiment désolé de vous avoir fait cela tout à l’heure – mais je ne savais pas que vous étiez inspecteur de police…
- Ce n’est pas grave. Je suis plus à blâmer que vous.
- Je comprends, mais je tenais tout de même à m’excuser. »
Il sourit, et lui tendit la main.
Elle resta muette quelques secondes, avant de la serrer.
« Je m’appelle Gilles. Gilles Carelli.
- Et moi Sarah. Sarah Belaïd. Désolée, tout ceci est uniquement ma faute.
- Je veux bien vous croire – oublions tout ça alors, d’accord ? »
Ils sortirent du commissariat tous les trois, sans parler. La nuit était déjà avancée, et au bout d’une dizaine de mètres, Gilles s’apprêta à leur dire au revoir quand Sarah, le regard vide, vacilla soudain. Elle s’évanouit, rattrapée juste à temps par le jeune homme.
Valentine paniqua.
Il la calma promptement, ramenant aussitôt Sarah à l’intérieur, mais cette dernière se réveilla, murmurant :
« C’est rien… je veux rentrer… à la maison… »
Gilles et Valentine se regardèrent alors dans les yeux : ils allaient devoir la porter dans leurs bras jusque chez elles.

commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Une histoire de GA Consultez mes archives à partir d'août 2004 pour suivre une petite histoire des membres du site en photos !